ABATTAGE RITUEL : SOUFFRANCE OU DÉSINFORMATION ?

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ABATTAGE RITUEL : SOUFFRANCE OU DÉSINFORMATION ?

Depuis des années et plus particulièrement depuis 2009, des associations animalières en Belgique font campagne contre l’abattage rituel juif et musulman. La presse a publié de nombreux articles, alléguant que l’abattage rituel provoquerait des douleurs excessives pour les animaux, en préconisant une réglementation européenne qui mettrait fin à la production de viande égorgée en Europe et en Belgique en particulier.

Alors que l’Union Professionnelle Vétérinaire belge a affirmé, dans une note d’opinion  que l’abattage sans  étourdissement signifie une douleur ou souffrance inutile « parfois pendant plus de quelques minutes », cela entre en conflit avec les nombreux
avis d’experts et les études scientifiques qui confirment que l’abattage rituel est éthique, indolore et sans cruauté. Cette position des vétérinaires n’est documentée par aucune étude ou expérimentation scientifique. L’environnement principal de travail des vétérinaires étant souvent les abattoirs, gros clients des vétérinaires, où un rythme industriel forcené est imposé à tous, aussi aux animaux, pourrait expliquer cette position.  Dans ces abattoirs, souvent pour des raisons pratiques, les industriels choisissent, depuis une quarantaine d’année, de fracasser le crâne ou électrocuter les animaux, pour les immobiliser au moment voulu dans la chaîne d’abattage. Malgré le nom charmant qu’ils ont donné à cet acte de violence, ‘étourdissement’, il n’en reste pas moins que de nombreuses vidéos en ligne sur internet démontrent que ces animaux souffrent du martyr dans l’industrie de la viande.

Autocollants_halalLes croyants en Dieu, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans  doivent manger de la viande propre (casher chez les juifs, dûment saignée chez les chrétiens et halal chez les musulmans), abattue selon un rituel parfois très précis  (shechita chez les juifs, saignée chez les chrétiens, adhdhabha chez les musulmans). La saignée fait donc partie depuis de très nombreux siècles de la culture européenne, mais l’industrie semble vouloir s’imposer jusque dans le rite religieux.
De nombreux scientifiques, Dr Temple Grandin à la Colorado State University, Dr Flemming Bager  d’un laboratoire vétérinaire danois, le Professeur Harold Burrow du  Royal Veterinary College et Dr Stuart Rosen de l’Imperial College London à Londres,  le Professeur Schulze et le Dr Hazim à l’Université de Hannover en Allemagne, tous arrivent à la même conclusion, la saignée ou l’égorgement sont indolores, pour peu qu’ils soient bien faits, alors que l’étourdissement, toujours violent, est très douloureux et provoque en plus des inconvénients pour la santé alimentaire humaine.

Dr Temple Grandin est considérée comme une experte de premier plan sur le bien-être des animaux dans les abattoirs. Elle a écrit un livre très influent sur le sujet. En 2010, dans la revue Meat & Poultry (Viandes & Volailles), elle défendait la shechita (l’abattage juif) menée de façon appropriée. Elle soulignait qu’avec l’équipement de retenue approprié et sous la conduite casher adéquate, les animaux semblent ne ressentir aucune douleur : « J’ai observé que les bovins tenus dans un dispositif de retenue debout n’avaient pratiquement aucune réaction à l’abattage rituel correctement fait, lorsqu’effectué avec un long couteau spécial.  L’incision avec le couteau spécial semblait ne pas causer de douleur… d’après mes observations, il semble que lorsqu’on utilise de bonnes pratique, le bouc ou l’agneau restera immobile et ne réagit pas à l’incision. » Dr Grandin a cherché à déterminer si les bovins ressentent l’incision, grâce à un dispositif de sorte que l’animal puisse tirer la tête loin de l’instrument d’abattage. Aucun des animaux n’a réagi ni tenté de retirer la tête lors de l’abattage: « Il semble que l’animal n’est pas conscient que sa gorge a été coupée. » Dr Flemming Bager indiquent que les animaux abattus selon des méthodes casher
n’ont montré aucun signe de douleur : « Les taureaux étaient dans un appuie-tête confortable avec toutes les contraintes du corps libérées. Ils n’ont pas bougé pendant l’incision et n’ont pas résisté à l’appuie-tête. » Le Professeur Burrow, un professeur de longue date en médecine vétérinaire, parle de son expérience dans le témoignage de l’abattage rituel : « Après avoir assisté à la méthode juive menée sur plusieurs milliers d’animaux, je suis incapable de me persuader qu’il y ait une cruauté qui s’y rattache. » Le Dr Rosen conclut : « La shechita (saignée juive) est une méthode d’abattage indolore et sans cruauté. »

Même le professeur Schulze et le Dr Hazim, après de nombreuses expériences en mesurant la douleur et la conscience par EEG (voir étude ici), de façon objective, constatent même que les animaux saignés ou égorgés ne souffrent pas, ni pendant les quelques secondes d’éveil précédant l’évanouissement, ni même ensuite. Le cerveau ne s’arrêtant pas avec l’inconscience du à l’étourdissement (coup violent), les appareils de mesures d’activité cérébrale démontrent que les animaux étourdis continuent de souffrir, même inconscients. Certaines études sur des animaux ‘étourdis’ font états de sang contenant des quantités d’adrénaline jusqu’à 40 fois le taux normal, le sang est noir par manque d’oxygène et la viande contient de nombreux éclats de sang. En outre, le sang d’un animal ‘étourdis’ coule mal, provoquant des restes de sang coagulé dans les muscles et la viande, ce qui est néfaste pour la santé humaine.

Pourtant, les lobbys ont bien travaillé depuis de longues années, au niveau européen, et ont obtenu que la culture européenne soit secouée, contre l’avis des scientifiques ayant fait des expériences, pour légiférer et limiter l’abattage sans étourdissement, au moins pour les abattoirs et même, dans une certaine mesure pour l’abattage dit « privé » pour consommation personnelle.

La MPEVH invite ainsi les associations de tous bords, animalières, religieuses et laïques à un dialogue entre citoyens, pour clarifier les polémiques et prendre position commune face à des législateurs souvent influencés de toutes parts. Tout un programme de formations, réunions et un séminaire auront lieu, pour permettre aux citoyens de dialoguer, clarifier les polémiques et s’entraîner pour aller défendre la position citoyenne auprès des législateurs. Voyez dans l’agenda nos formations.

By | 2017-10-07T13:55:04+00:00 avril 12th, 2016|Categories: Agriculture, Société Civile|

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